[...]Je ne crois plus en mon ange.
Tant de défaites et de trahisons dans une si petite vie, me font penser que les anges ne sont peut-être que pure invention. Comme s'il étaient la personnification de l'espoir même.
Les choses sont plus dures et arides qu'on ne veut le croire et on ferme les yeux comme tant d'autres.
La force est là, l'espoir est là, les anges sont là et pourtant j'ouvre les yeux et me retrouve dans un gouffre.
Je cherche, je cherche, je me creuse la tête, la cervelle, le moindre neurone pour déceler la solution de tout problème car mon ange semble avoir disparu, mais je ne trouve rien.
Je crois qu'il est mort. Mort de peine, mort de tristesse et de découragement. Et, moi même, je me sens mourir ; encore une fois, de solitude, de déception et d'attentes infinies.
J'attendrai mon ange jusqu'à la fin... pourvus qu'il me revienne... [...]
Boris Cyrulnik

